Comprendre le biais de négativité pour commencer l’année autrement
En ce début d’année, nombreux sont ceux qui ressentent un mélange paradoxal :
l’envie de repartir sur de bonnes bases… et une fatigue déjà bien présente.
Pressions économiques, contraintes professionnelles, inquiétudes pour l’avenir, isolement parfois : notre quotidien semble souvent imprégné d’une tonalité lourde, anxiogène, qui laisse peu de place à la légèreté.
Dans la revue Psychologie, la psychiatre Marine Colombel alerte sur ce que l’on appelle le biais de négativité.
Un terme un peu technique pour désigner un phénomène pourtant très simple — et que je rencontre très fréquemment dans mes accompagnements en sophrologie.
Le biais de négativité : un réflexe naturel… mais envahissant
Le biais de négativité correspond à une tendance naturelle de notre cerveau à :
-
repérer plus vite ce qui ne va pas,
-
accorder plus de poids aux expériences désagréables,
-
anticiper le danger, le manque ou l’échec.
À l’origine, ce mécanisme est protecteur : il nous a permis, en tant qu’espèce, de survivre.
Mais dans nos vies modernes, il devient souvent envahissant.
Concrètement, cela se traduit par :
-
une journée remplie de petites réussites, mais une seule contrariété qui occupe toute la place,
-
des pensées qui tournent en boucle sur ce qui manque, ce qui inquiète, ce qui pourrait mal se passer,
-
une difficulté à savourer l’instant, même quand tout va « à peu près bien ».
👉 Ce n’est ni une faiblesse, ni un manque de volonté.
C’est un fonctionnement automatique.
Ce que la sophrologie apporte : revenir au corps, ici et maintenant
En tant que sophrologue, je n’analyse pas les pensées.
Je propose autre chose : revenir à l’expérience vécue, au corps, à la respiration, aux sensations.
Car si notre mental a tendance à glisser vers le négatif,
le corps, lui, vit toujours dans le présent.
La sophrologie permet progressivement de :
-
ralentir le flux des pensées,
-
rééquilibrer l’attention entre ce qui pèse et ce qui soutient,
-
redonner une place au neutre, à l’agréable, au stable.
Non pas en niant les difficultés,
mais en élargissant le champ de perception.
S’entraîner à voir aussi ce qui va bien
Il ne s’agit pas d’« être positif à tout prix ».
Cette injonction est souvent contre-productive.
Il s’agit plutôt de rééduquer doucement notre attention, comme on réentraîne un muscle un peu raide.
En séance, cela passe par exemple par :
-
la conscience du souffle qui apaise,
-
l’observation des appuis du corps,
-
l’accueil des sensations de relâchement,
-
la mise en valeur des ressources déjà présentes.
Petit à petit, le système nerveux s’apaise.
Le mental devient moins crispé, moins en alerte permanente.
Commencer l’année autrement, malgré les contraintes
Oui, les contraintes sont là.
Oui, le contexte est parfois pesant.
Mais il est possible de changer la manière dont nous les traversons.
Commencer l’année autrement, ce n’est pas ajouter une pression supplémentaire (« je devrais aller mieux », « je devrais être motivé »).
C’est peut-être simplement :
-
apprendre à faire des pauses,
-
se reconnecter à des repères internes stables,
-
retrouver un peu d’espace intérieur.
La sophrologie n’enlève pas les difficultés.
Elle aide à ne plus être entièrement absorbé par elles.
Une invitation pour cette nouvelle année
Et si, pour cette nouvelle année,
au lieu de vouloir tout changer,
vous commenciez par vous déposer un peu plus souvent dans l’instant présent ?
Respirer. Sentir. Habiter votre corps, vraiment.
C’est souvent là que le biais de négativité commence à perdre de son emprise.
Et que quelque chose de plus juste, plus vivant, peut émerger.
Alors pour 2026, je vous souhaite une année plus habitée, plus consciente, plus douce avec vous-même.
Et si vous en ressentez le besoin,
je serai là pour vous accompagner sur ce chemin.Très belle année à vous. 🌿

S’entraîner à voir aussi ce qui va bien
Une invitation pour cette nouvelle année